13 juin 2008
Le malheur des uns
Je ne veux pas mourir, noyé dans un fait divers, sans avoir eu le temps de dire au revoir à mon frère
Je ne veux pas mourir ni sous le feu des projecteurs ni sous celui de mon agresseur
J'ai peur, froid, et suis obligé de relativiser mes soucis, quand j'ouvre les yeux sur ce qui éveille mon insomnie.
Demain, il sera 10, 11, 12, 13 h et ils ne le reverront pas, j'ai mal à la gorge.
Mon crâne se resserre, c'est pareil au niveau de mon ventre. Je dois écrire un article assez vite mais c'est ce truc qui me hante.
Jusqu'à aujourd'hui, je flippais sans l'avouer sur ma vie, ce que j'ai fait et ce qui va venir. Des interrogations qui réapparaîtront quand la salive réussira à suivre le chemin qu'elle emprunte les jours où ça va moins mal. Pour le moment, ça bloque, ma langue est lourde et j'articule mal. Ma hantise est noire et éternelle, la vie m'effraie moins.
Le ciel et un peu plus leur sont tombés sur la tête. Ils sont seuls. Impossible de recroiser son regard, contraints de repenser à lui en fermant les yeux. L'Amor rend aveugle.
Je veux que le destin s'acharne sur les mêmes personnes et laisse tranquilles les familles épargnées jusqu'alors par des blessures irréparables. Il est parti sans le vouloir et sans qu'on le lui demande, balayé par des énigmes, emporté par des points d'interrogation. Quand ? Pourquoi ? Comment ? Où ?
Je pourrais m'en foutre et faire en sorte que ça ne me bousille pas. C'est trop tard. Je m'alimente des malheurs des autres en me disant que "les autres", ça peut devenir "nous".
Désormais il repose en paix, et ses proches le rejoindront une fois leur vie, leur solitude et leur souffrance passées. Condamnés à vivre avec un arrière-goût de drame.
23 mai 2008
Au commencement, il y avait la paresse
Ca nous a tous frappé un jour. Ton sommeil s'arrête en douceur, l'apogée de ta nuit. Juste quelques secondes qui font que tu ne sais pas vraiment où tu te trouves. A chaque fois, j'oublie d'en profiter, et la violente prise de conscience débarque : Lumière, bruit, aveuglement, cacophonie. Ca continue. Pire : travail, et plus généralement Effort.
[Mettre une majuscule à "Effort", ça me fait penser à la fac, enfin aux cours de Littérature du Moyen-Age. Dans mon groupe, on étudiait Le Roman de la Rose, Incontestablement, c'est ce livre qui a marqué mon passage à la fac. Rock'n'roll.]
Au réveil, chacun exploite son état comme il le sent. Moi, j'me suis souvent senti pas assez reposé, alors je redormais. Ca a commencé vers la fin du lycée. Ma mère partait travailler, j'me levais en même temps, faisais semblant de me préparer, puis me recoucher un peu, histoire d'être en forme pour le reste de la journée. Plus violent... à la fac, pénible, j'me réveillais, partais avec mon frère, et il m'est déjà arrivé de lui demander de me laisser dormir dans la caisse, tranquille, sur le parking. J'sais pas, j'ai eu un problème de sommeil à un moment de mon enfance, et plus les jours avancent, plus il sent la nécessité de me rappeler qu'il existe. Oh yeah... Masochiste du portable-réveil qui sonne violemment, systématiquement -même les jours où rien ni personne ne m'incite à le faire- je mets mon réveil une heure plus tôt, afin de pouvoir me rendormir. Faut qu'j'arrête.
Tout ça pour dire que le grand n'importe quoi, il est pas prêt d's'arrêter.
Sinon, j'ai testé un peu la vraie vie, c'est-à-dire avoir du travail, de la pression, des délais etc. Ca va, j'l'ai plutôt bien vécu. Enfin sans plus. Pour pas mentir, ça a aussi fait en sorte que j'me suis senti dépourvu d'énergie assez rapidement. Là où j'suis peut-être vraiment maso, c'est que je sens que j'ai franchement plus besoin d'ultimatum que de délai. Ce genre de trucs-là. En même temps, faut que ce soit les personnes appropriées qui me donnent leurs consignes. Si c'est un biiiiip bip biiiiiip qui se sent pousser des ailes et m'ordonne ses trucs, j'pense qu'à ce moment-là, le fait que j'pense qu'il peut aller s'faire enculer est communicatif. Alors là -et seulement à partir de là- on peut se haïr en paix.
Dans ton lit, tu t'es déjà dit que si tu avais pu y rester, tu l'aurais fait. Le problème, c'est qu'un prof ou un patron t'attendait ce jour-là. Alors tu as été raisonnable. Je t'admire et t'invite à ne pas culpabiliser. Car se laisser aller une fois, c'est se laisser aller deux fois. Sécher une petite heure de Thème/Version/Grammaire, c'est abandonner la Fac d'Anglais. Abandonner sa 1ère année d'Anglais, c'est envisager de parcourir les Lettres en se permettant quelques écarts. Et tout ça, j'le paie encore aujourd'hui, et ça me poursuivra à vie. Shame on me. Je manque de courage, de dynamisme et de temps. Mes maux de tête sont réguliers, effrayants et pires que les tiens.
Aujourd'hui, j'me suis replongé dans cet état végétatif. J'devais aller à Paris, mais ça s'est pas fait, erreur de timing. Fuck, j'm'en mords encore les doigts. Bref, c'qui a suivi se passe de commentaires... j'ai bloqué sur MTV! Là où j'me dis que j'suis vraiment faible, c'est que tout m'a plu, vraiment tout. Le summum au niveau de la déchéance, c'est de s'avouer en toute honnêté qu'on a tiré des enseignements d'une des répliques issues d'un de ces programmes. En l'occurence, moi, c'était Agence mannequins Miami, à 11h30 environ. Que Dieu m'envoie boire le thé en enfer avec Patrick Balkany et Pascal Sevran, j'mérite que ça, presque! Non mais l'idée de la phrase, c'était en gros que "Machine, tu peux partir de l'agence, tu peux aller à Los Angeles, il ne faut pas que tu t'accroches à des choses qui n'existent plus..." Quoi quoi, comment ça j'dois partir à Los Angeles? Evidemment, là où ce dialogue se rapproche de ma vie, c'est que ça m'a permis de réouvrir les yeux sur le fait que dans l'registre "j'm'accroche à des trucs qui n'existent plus", eh bah j'reste malheureusement un mec assez doué.
Demain, j'ai un tennis à faire, des articles à écrire et à rendre, un tournoi de ping, un repas, des retrouvailles, un lit et un Efferalgan qui m'attendent. Après, on sera en week-end, il faudra donc commencer à travailler. J'm'endors.
29 avril 2008
Vis ma vie de gentleman
Aujourd'hui, j'ai tenu la porte à une dame. Elle n'était ni vieille ni handicapée. C'est sûrement sa banalité et sa gueule passe-partout qui a fait en sorte que je me suis senti obligé de faire l'effort. J'en sais rien. Fin de la justification du titre.
Si j'étais gentil, je renverrais l'ascenseur à la personne qui a été généreuse avec moi dans un de ses articles. Je suis gentil, mais si je le fais, y aurait de la maladresse et surtout une impression de "vite fait" qui atténuerait la portée du message.
Là, j'ai pas mal à la tête. Demain, je retourne à Paris, j'ai des trucs à faire. Je vais me lever moins tôt pour optimiser le temps passé là-bas. J'suis pas très vif en général... pas que je sois mou ou que mon comportement soit du mépris -non- j'me situe juste souvent entre la fatigue, l'euphorie efficace et la nonchalance abusive ou blessante.
J'ai mal nulle part. Là, dans ma tête, mes problèmes ont des solutions ou bien sont minimisés. J'ai des réponses et des envies, je sais ce que je veux, continuer sur la même voie en espérant que les éléments négatifs s'écartent de ma trajectoire. Un peu d'argent, un peu plus d'argent. Doucement, je réussis à m'organiser. En fait, la notion d'organisation, faut pas se mentir, j'la vois plutôt comme un truc qui fait en sorte que je ne fais jamais de planning, j'attends, j'attends, j'm'organise dans ma tête... Et au dernier moment, je fais tout dans l'urgence! Cette tactique à la con, elle m'accompagne depuis le lycée, le collège peut-être, nan, le lycée. C'est un peu marrant au début quand on le vit, ça fait rire ou pas des gens qui trouvent ça cool, mais moi, si j'avais réussi à m'organiser... Si seulement (par exemple) j'avais pu faire des fiches pour réviser mon bac, pour des contrôles de merde, des partiels illusoires... Si seulement, du fluo partout sur des fiches Cambridge, c'est juste ça que je regrette de n'avoir jamais connu. Si seulement... If only... "If only [...]I could" Ces fucking règles d'anglais qui m'envahissent, comme ça, sans prévenir. C'est toujours comme ça dans ma tête : des phrases qui m'ont marqué, des chansons que j'entends dans un film, un tic de langage d'un ancien camarade de classe, ouais. Tout ça peut me matraquer le cerveau à des moments où je ne m'y attends pas forcément.
Je serais fier de ce que je suis si la société ne s'acharnait pas à me renvoyer dans les cordes les rares moments où je commence à peine à esquisser des débuts de regards positifs sur mon sort. J'ai pas le choix. Et le choix, c'est de l'argent. Discipline.
22 avril 2008
Rond piche
Je veux de l'alcool fort et UNE + UNE + UNE + UNE bitch
Qu'on m'appelle pour me dire que j'ai gagné au Cote & Match
J'ai besoin de soutien et pas de compassion
De gens fous qui m'entourent pour éveiller ma déraison
Ma vie sera rythmée par les battements du coeur de celle
Qui saura stopper ma dépendance aux choses malsaines
Elle aura la peau douce et la cambrure familiale
"Fallait pas répartir les richesses de manière illégale"
Des pulsions et de la réflexion en grosse dose
Nécessaires pour alimenter ma névrose
J'ai commis des erreurs avec elle, elle et elle
Aujourd'hui leur tour est venu de me snober avec mépris et dentelles
Arrêtons un peu les strophes... A qui ça fait de l'effet de nos jours, franchement... On a tous besoin de folie et de principes, alors mon beuglement est illégitime. Je vis dans l'un, dans l'autre, c'est l'assouvissement de mes ambitions qui me torture sûrement le plus. Fallait pas, fallait pas, l'ange qui titube, c'est lui qui a décidé d'escorter mes pas. De l'argent, après on calculera. Si ça vous paraît mystique, oubliez moi. Force. Détermination.
20 février 2008
FaceBack!
Ok, j'ai quitté le groupe "Pour plus de dragibus noirs et de nounours rouges par paquet" sur Facebook, mais j'ai mes raisons. Certes, j'avais rejoint ces gens par conviction. Mais bon... Déjà, je dois dire que c'était mon premier jour sur Facebook, je découvrais les groupes, et puisque je suis quelqu'un de pas forcément particulier, je me suis pris au jeu...
Ce soir, fort de la bonne journée que je venais de passer, j'ai pris mon courage à deux mains et déceler mon imposture : "Qu'est-ce que je fous dans un groupe qui parle de couleur de bonbons sans parler des Skittles violets ??!!" Une bonne chose de faite!
Emporté par mon élan, j'ai décidé de left the group "Je retourne régulièrement mon oreiller pour avoir le côté froid".
Là encore, moment d'égarement au moment de ce que je pensais être un engagement éternel. Non, je ne fais plus partie de cette dizaine de milliers de dormeurs à la recherche de la joue fraîche. Conseil aux dissidents qui veulent passer des nuits paisibles : Tourner irrégulièrement l'oreiller d'un quart de tour est tout aussi prolifique, et possède l'avantage d'économiser l'ampleur du mouvement de tête qui favorise le déplacement de l'oreiller.
Pour fermer la parenthèse Facebook, j'ai décidé de rejoindre le courageux groupe "J'attends 25 ans pour toucher le RMI". A prendre au degré qu'on veut.
Le temps que je passe à Paris me plaît toujours, voire même un peu plus que ça. Aussi, j'ai hâte que l'argent vienne, sans suer davantage pour aller le chercher. Mon taf m'enthousiasme, ce matin je suis arrivé sourire aux lèvres, à 11h45 mais c'était exceptionnel, je check ce qui est quand même mon "patron" et il me dit : "Ca va p'tite pute? " C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup (Blind test, GO!!!) ... Ou comment osciller entre les vannes, les insultes et les débats structurés où la matière grise coule à flots sans cette putain de présomption. L'alchimie qui fait que l'image véhiculée par ce magazine est exactement le fruit de l'atmosphère qui se dégage de ce garage très unda'. Terrible. En plus aujourd'hui, j'ai vu Vikash!
J'ai beaucoup souri aujourd'hui et même parfois franchement ri. Et pourtant, y'avait pas vraiment matière à se marrer.
Ce soir, j'ai appelé Moussa, comme ça, ça faisait assez longtemps. Au bout d'une demi-heure et une paire de minutes, je réalise que c'est moi qui appelle et que je n'ai pas de numéro illimité (hantise postmoderne), si ce n'est celui d'Alex.
Suite à cette prise de conscience que je me suis chargé de transmettre à mon interlocuteur, cet enfoiré m'envoie avec sérénité : "Vas-y j't'appelle si tu veux, j'suis illimité sur toi..." Bâtard! Mais léger fou rire quand même. Trois quarts d'heure plus tard, je raccrochais, la main engourdie, l'oreille hâlée.
Evidemment j'ai quelques autres trucs à raconter, mais pour un retour dans la blogosphère, c'est la largement suffisant! Et surtout, putain, il est tard...
31 décembre 2007
Trois p'tits chats.
Ca y est, c'est le jour de l'An. En c'qui me concerne... j'ai des cernes énormes, invisibles seulement pour mes proches. Approche, approche, tu ne les verras pas non plus. Plus on est saoul, plus on rit, ce soir, je rirai pour la dernière fois de l'année. Nez fin, narines symétriques, je viens de me rendre compte que certaines parties de notre physique ne sont pas nécessairement des fiertés ou des complexes. Plexiglass en miettes, Shaquille O'Neal sourire aux lèvres, oui, il y a eu du bon dans les années 90'. Discussions imaginaires, regards prolongés, pincements de lips, c'est ça que j'aime... la vie est creuse sans ellipse.
Pseudo-intellectuel, français trop moyen, infirme-con, donneur de leçon illégitime, personne n'est à l'abri de polluer mon oxygène. J'ai ni Dieu ni Maître, pourtant je crois en une force supérieure et suis un peu maso. "Sonntag", j'ai l'ambition de me (re)mettre à parler allemand en 2008, par pur opportunisme. Nice ne m'a jamais fait rêver, pas plus que Cannes, Marseille et toutes ces autres villes où l'accent local m'insupporte presque autant (presqu'autant ??) que leur air et leur soleil. L'oeil bleu, le regard sombre, c'est souvent sous humeur oxymoriale que je viens débiter sur cet espace. Space Mountain, petit, grand nez, implantation capillaire désastreuse, arrogance, crédibilité zéro, grande, pute, consonnes, voyelles... ça vous dit quelque chose, non? On zappe. Appiah-Muntari-Essien, le milieu de terrain qui va faire gagner la CAN 2008 au Ghana, aucun doute. Out, in, on s'en fout, la roue tourne, l'essentiel est qu'elle ne nous écrase pas.
Paraître, être, paraître, être, je suis sur ce putain de courant alternatif qui me fait mal à la tête, il m'accompagnera jusqu'à la mort -(Jusqu'à la moooort), HARDCORE! HARDCORE! HARDORE! HARDCORE!
Bonne année, nébuleuse (le zen' dans la coke), que personne ne vienne trahir notre secret, crépusculaire destin, tintamarre, tintamarre, tintamarre-marre-marre... Marabout, marabout, marabout-bout-bout...
17 décembre 2007
La Vodka du Diable.
Faut poster régumièrement pour être in, alors c'est officiel, je ne suis plus dans le coup.
Ce week-end, j'ai passé mon temps à faire l'adolescent : soirée avec de l'alcool le vendredi, PES avec de l'alcool le samedi, tout ça entrecoupé de matches de foot interminables à la télé. J'ai regardé 8 matches, ou 9, ou trop.
Samedi, je ne suis même pas allé en boîte alors que j'avais l'occasion de faire mes retrouvailles avec le dancefloor rouennais. Trop froid, trop fatigué, j'irai la semaine prochaine, sûrement le vendredi.
N'en déplaise à l'âme maternelle, mes soirées en boîte me manquent. Elles apaisent pourtant ses nuits.
Cette époque est probablement derrière moi, pas tout à fait. Il me reste encore quelques mois pour rentrer en boîte sans avoir le sentiment de ne plus être à ma place. La population se rajeunit, les connaissances s'éparpillent, j'avance avec des souvenirs qui petit à petit se dilapident...
J'aimais être là où il fallait, serrer vingt-cinq mains, descendre des verres en sous-marin, me mettre high et les voir me regarder discrètement. C'était bien mais aujourd'hui c'est loin. Je sais aussi qu'il y a eu des vagues d'ondes négatives, je ne les oublie pas, mais enfin... Je me souviens qu'il y a eu du vomi, du sang, et des lendemains... et des flashbacks furieux qui m'envahissaient seulement le surlendemain.
Là-bas, ce n'était pas que boire pour boire (il n'y a plus d'espoir), le plaisir qu'offraient les conséquences de ces moments de convivialité primait. On savait qu'on rirait, alors on en riait à l'avance, attendant d'accéder à la vertigineuse chute vers le ciel, sur un sol de plus en plus instable. J'aime ça, quand mon esprit se détache de mon corps, paisiblement, rarement pour être conscient de notre indépendance au côté obscur de cette substance.
Et qu'on ne me mente pas, ça ne se passait pas que dans ma tête, des gens ont dû tomber amoureux de ma personnalité alcoolisée, pas du moi version week-beginning.
Dans cette autre vie, j'ai sympathisé sincèrement avec des mecs que je n'ai jamais recroisés, et j'ai eu des sentiments pour des filles parfois vulgaires alors que je les avais à peine zoukées. J'ai fumé des cigarettes de bon coeur et à pleins poumons, j'ai laissé s'éterniser des sourires faciles à interpréter, sans les interpréter. J'ai foncé tête baissée vers des illusions. J'ai pleuré de vives larmes quand un appel m'a appris qu'elle était morte. J'ai aimé pouvoir pleurer de toutes mes forces dans la boîte, devant tout le monde. Il devait être 2h, je sais pas, mais j'ai vraiment pleuré longtemps ce soir-là, avant de leur demander de me ramener chez moi. Putain. Quand les soucis étaient moins importants, un TGV -d'un trait- m'offrait l'opportunité de relancer (ou de mettre un terme à) ma soirée.
J'ai perdu la femme de ma vie deux ou trois fois, trahi par le CHU ou la géographie, mais ces soirs-là, même défoncés, même une soirée, on s'est aimés.
Là-bas, je n'y allais pas quand je ne me sentais pas beau. Là-bas, j'ai presque tout fait : contracté les abdos, porté sa tristesse sur mon dos, lutté contre l'appel du dodo, roté du Mac Do, et certains se souviennent même que j'ai franchi le rideau; mais jamais, non jamais, je n'ai bu un verre d'eau!
28 novembre 2007
Vingt-trois réponses.
Je n'ai pas de sujet particulier à aborder, mais aujourd'hui je n'suis pas un chien, j'écris quand même un p'tit truc, histoire de donner des nouvelles.
Certains se sentiront trahis par la forme que je vais utiliser ("un questionnaire? Bouuuuuuh l'enfoirééééé"), d'autres me pardonneront ("ah un questionnaire! Pas grave, c'est gentil quand même"), d'autres s'en branlent ("oh yeah oh yeah oh yeah"). J'aime les trois types de réaction.
Il y a 23 questions, j'vous demande rien du tout, ne paniquez pas, vous avez juste le droit de lire, tout(e) seul(e), au réveil avec la clope de 07h35, au travail avec le Kinder Bueno de 14h30, ou avant de vous coucher avec le porno de 02h55.
Ces 23 questions n'ont pas l'air trop casse-couilles, alors j'vais y répondre vite fait, mais avec soin quand même!
23, le numéro de Michael Jordan aka Air Jordan aka MJ, mais surtout celui de mon frère aka le Pirate aka le "Tank" aka l'oisillon affamé.
1) Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4e ligne :
"avec ses amis, "bouchée après bouchée", comme il dit."
2) Sans vérifier, quelle heure est-il ?
J'sais pas, 16h20??
3) Vérifiez :
Ca y est j'ai vérifié, j'étais pas très loin : 00h08
4) Que portez vous?
Un caleçon, la poisse, un t-shirt.
5) Avant de répondre à ce questionnaire que regardiez-vous ?
J'ai regardé Lyon-Barça ce soir (2-2 mais c'était bof).
6) Quel bruit entendez-vous à part celui de l'ordinateur?
Il ne fait pas de bruit l'ordi là, et en fond, j'regarde la 3, Frédéric Taddeï (le meilleur animateur télé) Ce soir ou jamais. Le sujet c'est Emeutes en banlieue : le retour? Il y a notamment Hamé de La Rumeur, un de mes rappeurs préférés, certains invités le prennent de haut et pensent que Taddeï a invité un mec de banlieue classique, avec les clichés qui vont avec. Or, Hamé à un DEA de cinéma, une répartie irréprochable, sans être lisse ni consensuel dans ses interventions. J'aime ça.
7) Quand êtes-vous sorti la dernière fois, qu'avez vous fait?
Ce matin, j'ai pris le train de 07h47 pour aller danser le jerk. Je retrouvais le chemin du bonheur, celui de la rue du Commandeur.
8) Avez-vous rêvé cette nuit?
J'en suis presque sûr. Comme beaucoup d'autres, j'ai souvent du mal à m'en souvenir une fois la journée commencée. Sauf celui que j'ai fait samedi... Par contre, j'connais quelqu'un qui se souvient de ses rêves, et qui les raconte même parfois sur son blog : c'est HEELA, passez lui le bonjour de ma part.
9) Quand avez-vous ri pour la dernière fois?
Ce soir, quand on a chanté avec Alexandre avant le pénalty de Juninho... "Victooooor Valdeeeees !!" Mais là, j'parle vraiment d'un gros rire gras, pas d'un p'tit piaillement de tarlouze. Et c'était vraiment drôle, j'vous le jure.
10) Qu'y a-t-il sur les murs de la pièce où vous êtes?
Une belle déco d'adolescent : des posters de rap, plus un de Nico Anelka version Manchester City, et en guest un panneau de basket miniature qui a toujours servi, un vrai truc pour lequel aujourd'hui j'peux dire sans rougir et sans mentir qu'il a été bien amorti. Une centaine de personnes a dû contribué à son succès : principalement le Jui, Jordan, Clément.
11) Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
En tout premier, j'achète deux voitures, sans doute même quatre. Je réinjecte pas mal de cash dans le magazine pour lequel je travaille afin qu'il devienne unanimement ce qu'il est déjà à mes yeux. Au feeling, voilà la direction que prendraient mes premières dépenses.
12) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
La Cité de Dieu, samedi soir, veille d'un match de ping crucial. Il était tard, j'étais censé me passer le début de ce film pour mieux m'endormir vite, finalement j'ai pas pu éteindre, inexplicable. J'ai adoré en rêver la nuit, et n'en ai pas souffert le lendemain.
13) Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui ?
Pas trop, en fait beaucoup de choses m'intriguent, donc rien en particulier. Mais en même temps, plus rien ne me surprend, même les événements auxquels je ne m'attends pas.
14) Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Il est cool, j'commence à fatiguer, mes paupières se fermeront dans neuf réponses, l'émission dérive sur des monologues foireux, ça m'aide...
15) Dites-nous quelque chose de vous que nous ne savons pas encore :
Je suis droitier, ça c'est un scoop. Et si ça ne vous suffit pas, je dors sur le ventre!
16) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était une fille ?
Mathilde, Emma, Elena. Donc sûrement un autre.
17) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était un garçon?
Matthieu Junior, Matteo, et si c'est des jumeaux : Kandia et Jean-Michel, m'en fous!
18) Avez-vous déjà pensé à vivre à l'étranger ?
Ca aurait été un long séjour au mieux, mais faire ma vie hors de France, non. Même si je suis persuadé que c'est mieux ailleurs, je préfère rester. Ca me détend de trouver des gens qui, comme moi, aiment parler des p'tites choses de la vie qui ne tournent pas rond. J'aime qu'on ait conscience de toute cette arnaque, de tous ces mensonges. Parler et pécher à doses variables, on emmerde leur monde, leurs modes et leurs ondes.
19) Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
Quand j'avais six ans, mes parents m'ont fait venir dans leur chambre, m'ont briefé psychologiquement, puis m'ont tout avoué : le Père Noël, la p'tite souris, Dieu et compagnie, c'est bon, j'ai compris...
20) Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
Bah déjà la culpabilité j'la laisse, j'l'aime bien. Et le truc que je changerais, ce serait peut-être juste les programmateurs et animateurs télé. En gros, ce serait moi qui referais toute la grille des programmes de toutes les chaînes, et évidemment pas de censure.
Le reste, on le laisse, on le critique, et on le refait, au moins dans nos conversations ou dans nos esprits.
21) Aimez-vous danser?
La question n'est pas "Aimez-vous danser?" mais "Aimeriez-vous savoir danser?". Mais bon, pour répondre à la question initiale, j'dois dire que mis à part les cas où j'ai 3 grammes dans chaque phallange (ça mfait chier de devoir ouvrir une parenthèse pour préciser que c'est une image), j'ai du mal à proposer quelque chose de cohérent.
22) Georges Bush ?
Danser la tecktonik avec George Bush quoi quoi hein quoi?
23) Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
J'sais pas si 'jvous ai dit (vous me coupez si j'me répète!) mais ce soir j'ai regardé Taddeï sur France 3, Ce soir ou jamais, et donc parmi les invités... Okkkkk c'est bon j'arrête.
Bonne nuit. Bises.
23 novembre 2007
Clément et les coiffeuses.
Avec Clément, en c'moment, on a une chanson préférée. Ca arrive. C'est pas vraiment une "chanson préférée" d'ailleurs, c'est juste que... à chaque fois qu'on se voit, au lieu de dire bonjouuuuur avec la voix de glotte, eh bah le premier qui voit l'autre, il pousse la chansonnette, et l'autre rit aux éclats de riz!
Je sais qu'une minorité invisible prête attention aux vidéos que je mets, alors aussi minime soit-elle, je me dois de lui faire partager ce clip assez dangereux... On appelle ça du rap animaaaal :
Alors alors? Nan toujours pas? Tant pis. Dans l'ordre d'apparition, j'trouve que les plus chauds sont EKO, DOUMA, KENNEDY et PALER. Ok j'arrête, j'vous sens exclus là. J'écoute aussi des trucs où la diction et la structure du texte sont plus évidentes, mais ces morceaux sont indispensables pour moi.
Bref, à part ça, Clément m'a humilié à PES, Cinq matchs à Zéro, ça fait mal au coeur de se sentir obligé de l'avouer en public. J'ai honte.
Avec Clément, au-delà des liens du sang, on partage ce goût pour le whisky, l'alcool en général et La Boussole, ce détachement illégitime sur des situations qui ne concernent que nous et seulement nous (donc c'est débile dans ces cas-là!). Absentéisme, désinvolture, indécision, imposture, manque de sérieux et d'ambition, inconscience face aux choses dangereuses ou importantes, fous rires pires que le pire de vos pires des fous rires. On voue un culte à une trentaine de personnes encore vivantes, souvent à cause de leur nom ridicule, leur coupe de cheveux afro affreuse, ou juste le fait que les monsieur-tout-le-monde sont souvent des puits de critiques faciles, méchantes mais drôles.
Nan mais atteeeends euuuuh j'halluciiiine, vous vous prenez pour qui pour vous moquer des gens normauuuuux? Ils ressemblent à tout le monde, nous à rien du tout... D'où le sentiment de ne pas avoir l'impression de faire partie des leurs.
Bon bon bon, c'que je voulais aborder n'arrive pas à prendre son élan, le potentiel nostalgie n'est pas communicatif, ça m'embête un peu, mais c'est pas grave.
Pour résumer, j'crois que cette cousinerie qu'on m'a infligé un 6 septembre 1985, elle me permet aujourd'hui de conclure que Tlément et moi : on n'est pas des mecs fiables, ni des mecs faibles. Cette phrase est à la fois la problématique, la thèse, le développement et aussi la conclusion. Alors exploitez-là comme vous voulez.
Mes cheveux poussent, j'ai l'impression qu'ils sont très longs. Pour rire, j'aurais bien envie d'attendre et d'aller demander une "coupe tecktonik", car je suis sûr que si j'dis ça, la coiffeuse comprendra. Et kiffera sûrement!
Si je veux les laisser pousser, ce n'est pas forcément pour faire plaisir ou pour plaire à Headbanging, mais il me semble qu'il serait temps de voir un peu ce que ça donne d'avoir des cheveux, même si la phase intermédiaire de pas savoir trop quoi en faire est désagréable et pénalisante en matière de self-confidence (j'parle pour moi). J'pense honnêtement que je vais craquer et que j'vais re-avoir les cheveux courts -normal- gel, machin, beautiful tendance discrète mais jamais disciplinée.
Plus qu'une coiffure, c'est une coiffeuse que je veux.
Les coiffeuses sont belles, les coiffeuses sont gentilles, les coiffeuses sentent bon, les coiffeuses sont naïves, les coiffeuses sont fidèles, les coiffeuses sont fashions, les coiffeuses m'aiment bien, et contrairement aux idées reçues, les coiffeuses ne sont pas si débiles que ça.
J'me donne deux mois pour vous le prouver...
Franchement, c'est le seul métier qui peut constituer un critère au niveau de mes goûts. Alors si y'a une coiffeuse de Rouen qui traîne par là, qu'elle le dise now... ou bien qu'elle TAILLE!! Aaaaaaaaaah.
PS : nan rien en fait... Bon ok, j'voulais juste dire à Alexandre qu'il arrête de se moquer de moi. L'autre jour, il m'a fait comprendre que j'me féminisais dans mon écriture, lorsque je parlais par exemple du fait que j'étais célibataire et que j'avais une grosse bite (aaaah j'le remets!!).
19 novembre 2007
Quatre fois.
Des regards, des silences, et tout était dit.
J'ai déjà rencontré la femme de ma vie, plusieurs fois. Volontairement ou par la force des choses, je ne pouvais pas développer le truc qui s'était passé par nos échanges verbaux ou buccaux. C'est con.
J'ai dû la rencontrer environ quatre fois, et il y avait à chaque fois des témoins du potentiel de la relation que j'aurais pu avoir. Des gens proches, contents et surpris qu'il existe -même pour moi- des personnalités complémentaires.
Des regards, des silences, et tout était dit.
Puis elle disparaissait vers la gauche, moi restant scotché à la banquette, un verre dans la main droite et la main gauche dans les cheveux. Sans numéro de téléphone, parfois seulement un prénom, parfois un parfum, et toujours des films dans ma tête, que je me force à entretenir, car en se quittant à l'issue de cette soirée, on s'est dit que si on devait être amenés à se recroiser, on exploitera ce que d'autres appellent Hasard.
Quatre fois, à peu près ouais, des filles si différentes mais qui avaient ce truc en commun, ce regard sur moi, leur distance, le fait qu'elle soit réactive à mes assauts. J'aime les filles qui sont difficiles, mais qui me font comprendre qu'elles aiment m'entendre débiter. Et évidemment, elles avaient un joli visage, du maqui-maquillage, et aucun effort à faire pour me plaire, de la tenue de leur verre à leur tenue vestimentaire.
J'ai vraiment réfléchi, et mon problème avec les meufs, ce n'est pas que j'ai du mal à m'attacher (au contraire). J'ai juste des facilités à me détacher. Tout le monde me passionne, tout le monde m'ennuie.
Et ce n'est pas le fait d'en être conscient qui peut faire changer les choses. Mais est-ce que je veux que les choses changent? Parfois, il faut se forcer à modifier les traits de notre personnalité qui nous jouent des tours. Mais moi j'suis ni triste, ni pessimiste, ni pute ni soumise.
Alors j'vais continuer de cueillir les diem, et avancer à deux, moi -mon Dieu!- et ce dilemme.

