23 mai 2008
Au commencement, il y avait la paresse
Ca nous a tous frappé un jour. Ton sommeil s'arrête en douceur, l'apogée de ta nuit. Juste quelques secondes qui font que tu ne sais pas vraiment où tu te trouves. A chaque fois, j'oublie d'en profiter, et la violente prise de conscience débarque : Lumière, bruit, aveuglement, cacophonie. Ca continue. Pire : travail, et plus généralement Effort.
[Mettre une majuscule à "Effort", ça me fait penser à la fac, enfin aux cours de Littérature du Moyen-Age. Dans mon groupe, on étudiait Le Roman de la Rose, Incontestablement, c'est ce livre qui a marqué mon passage à la fac. Rock'n'roll.]
Au réveil, chacun exploite son état comme il le sent. Moi, j'me suis souvent senti pas assez reposé, alors je redormais. Ca a commencé vers la fin du lycée. Ma mère partait travailler, j'me levais en même temps, faisais semblant de me préparer, puis me recoucher un peu, histoire d'être en forme pour le reste de la journée. Plus violent... à la fac, pénible, j'me réveillais, partais avec mon frère, et il m'est déjà arrivé de lui demander de me laisser dormir dans la caisse, tranquille, sur le parking. J'sais pas, j'ai eu un problème de sommeil à un moment de mon enfance, et plus les jours avancent, plus il sent la nécessité de me rappeler qu'il existe. Oh yeah... Masochiste du portable-réveil qui sonne violemment, systématiquement -même les jours où rien ni personne ne m'incite à le faire- je mets mon réveil une heure plus tôt, afin de pouvoir me rendormir. Faut qu'j'arrête.
Tout ça pour dire que le grand n'importe quoi, il est pas prêt d's'arrêter.
Sinon, j'ai testé un peu la vraie vie, c'est-à-dire avoir du travail, de la pression, des délais etc. Ca va, j'l'ai plutôt bien vécu. Enfin sans plus. Pour pas mentir, ça a aussi fait en sorte que j'me suis senti dépourvu d'énergie assez rapidement. Là où j'suis peut-être vraiment maso, c'est que je sens que j'ai franchement plus besoin d'ultimatum que de délai. Ce genre de trucs-là. En même temps, faut que ce soit les personnes appropriées qui me donnent leurs consignes. Si c'est un biiiiip bip biiiiiip qui se sent pousser des ailes et m'ordonne ses trucs, j'pense qu'à ce moment-là, le fait que j'pense qu'il peut aller s'faire enculer est communicatif. Alors là -et seulement à partir de là- on peut se haïr en paix.
Dans ton lit, tu t'es déjà dit que si tu avais pu y rester, tu l'aurais fait. Le problème, c'est qu'un prof ou un patron t'attendait ce jour-là. Alors tu as été raisonnable. Je t'admire et t'invite à ne pas culpabiliser. Car se laisser aller une fois, c'est se laisser aller deux fois. Sécher une petite heure de Thème/Version/Grammaire, c'est abandonner la Fac d'Anglais. Abandonner sa 1ère année d'Anglais, c'est envisager de parcourir les Lettres en se permettant quelques écarts. Et tout ça, j'le paie encore aujourd'hui, et ça me poursuivra à vie. Shame on me. Je manque de courage, de dynamisme et de temps. Mes maux de tête sont réguliers, effrayants et pires que les tiens.
Aujourd'hui, j'me suis replongé dans cet état végétatif. J'devais aller à Paris, mais ça s'est pas fait, erreur de timing. Fuck, j'm'en mords encore les doigts. Bref, c'qui a suivi se passe de commentaires... j'ai bloqué sur MTV! Là où j'me dis que j'suis vraiment faible, c'est que tout m'a plu, vraiment tout. Le summum au niveau de la déchéance, c'est de s'avouer en toute honnêté qu'on a tiré des enseignements d'une des répliques issues d'un de ces programmes. En l'occurence, moi, c'était Agence mannequins Miami, à 11h30 environ. Que Dieu m'envoie boire le thé en enfer avec Patrick Balkany et Pascal Sevran, j'mérite que ça, presque! Non mais l'idée de la phrase, c'était en gros que "Machine, tu peux partir de l'agence, tu peux aller à Los Angeles, il ne faut pas que tu t'accroches à des choses qui n'existent plus..." Quoi quoi, comment ça j'dois partir à Los Angeles? Evidemment, là où ce dialogue se rapproche de ma vie, c'est que ça m'a permis de réouvrir les yeux sur le fait que dans l'registre "j'm'accroche à des trucs qui n'existent plus", eh bah j'reste malheureusement un mec assez doué.
Demain, j'ai un tennis à faire, des articles à écrire et à rendre, un tournoi de ping, un repas, des retrouvailles, un lit et un Efferalgan qui m'attendent. Après, on sera en week-end, il faudra donc commencer à travailler. J'm'endors.
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Branleur, va!
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