Du "moi" en veux-tu en voilà...

"Et si c'était par la fin que tout commençait?"

13 juin 2008

Le malheur des uns

Je ne veux pas mourir, noyé dans un fait divers, sans avoir eu le temps de dire au revoir à mon frère
Je ne veux pas mourir ni sous le feu des projecteurs ni sous celui de mon agresseur

J'ai peur, froid, et suis obligé de relativiser mes soucis, quand j'ouvre les yeux sur ce qui éveille mon insomnie.

Demain, il sera 10, 11, 12, 13 h et ils ne le reverront pas, j'ai mal à la gorge.

Mon crâne se resserre, c'est pareil au niveau de mon ventre. Je dois écrire un article assez vite mais c'est ce truc qui me hante.
Jusqu'à aujourd'hui, je flippais sans l'avouer sur ma vie, ce que j'ai fait et ce qui va venir. Des interrogations qui réapparaîtront quand la salive réussira à suivre le chemin qu'elle emprunte les jours où ça va moins mal. Pour le moment, ça bloque, ma langue est lourde et j'articule mal. Ma hantise est noire et éternelle, la vie m'effraie moins.

Le ciel et un peu plus leur sont tombés sur la tête. Ils sont seuls. Impossible de recroiser son regard, contraints de repenser à lui en fermant les yeux. L'Amor rend aveugle.
Je veux que le destin s'acharne sur les mêmes personnes et laisse tranquilles les familles épargnées jusqu'alors par des blessures irréparables. Il est parti sans le vouloir et sans qu'on le lui demande, balayé par des énigmes, emporté par des points d'interrogation. Quand ? Pourquoi ? Comment ? Où ? 

Je pourrais m'en foutre et faire en sorte que ça ne me bousille pas. C'est trop tard. Je m'alimente des malheurs des autres en me disant que "les autres", ça peut devenir "nous".

Désormais il repose en paix, et ses proches le rejoindront une fois leur vie, leur solitude et leur souffrance passées. Condamnés à vivre avec un arrière-goût de drame.

Posté par delpecco à 00:33 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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